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jeudi 14 mai 2009

L'adhésion de l'Islande à l'U.E

Voici le texte que nous avons utilisé hier, mercredi 13 mai:

L’Islande avance vite vers l’Europe

www.la-croix.com

Le premier ministre a annoncé que le processus d’adhésion à l’Union européenne allait être lancé au Parlement

Le gouvernement islandais a décidé de lancer le processus d’adhésion à l’Union. « Une résolution sera proposée bientôt au Parlement, après sa première réunion vendredi 15 mai. Nous insistons pour qu’une demande d’adhésion soit envoyée avant juillet », a déclaré, dimanche 10 mai, le premier ministre Johanna Sigurdardottir. La décision d’adhésion devra ensuite être entérinée par référendum.

Aux élections du 25 avril, la coalition de gauche a battu les conservateurs du Parti de l’indépendance, au pouvoir depuis dix-huit ans. Depuis, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir s’emploie à ramener la confiance dans ce pays, l’un des plus prospères au monde il y a un an. Son parti est le seul à prôner l’adhésion à l’euro et à l’Union.


L’île de 320 000 habitants, dont les actifs du secteur bancaire ont représenté jusqu’à 11 fois le PIB, a vu son économie terrassée par la crise financière mondiale. En quelques jours, début octobre, le gouvernement a dû prendre le contrôle des trois premières banques du pays. Les Islandais se sont alors rendu compte qu’ils étaient seuls. Ayant demandé l’aide de leurs voisins du Nord, ils se sont vu exiger par la Suède et le Danemark, membres de l’UE, de régler leur litige bancaire avec la Grande-Bretagne, autre membre de l’UE.

"Nous étions plus riches que l'Europe"

Une majorité d’Islandais demande donc à rejoindre l’Union européenne et sa monnaie, même si l’île fait déjà partie de « l’espace Schengen » et de l’espace économique européen. « Avant la crise, nous étions plus riches que l’Europe. Nous avions plus de croissance et moins de chômage. Autant de raisons pour ne pas rejoindre l’Europe politique. Mais, aujourd’hui, les gens cherchent une stabilité », estime l’économiste Gunnar Haraldsson.


De nombreux Islandais considèrent que leur économie ne peut plus être dépendante des fluctuations d’une devise facilement attaquable. Ils doivent aujourd’hui rembourser, dans une monnaie dévaluée, des emprunts contractés en euros ou en dollars afin de bénéficier, à l’époque, de meilleurs taux d’intérêt.

Mais une partie de la population demeure eurosceptique, redoutant que l’adhésion à l’Union ne nuise à l’industrie de la pêche. Le mouvement Gauche-Verts, allié des sociaux-démocrates, considère que la monnaie européenne pourrait servir de bouclier, mais n’est pas partisan de rejoindre l’Union.

Pierre COCHEZ

lundi 11 mai 2009

Texte du 5 mai: l'écologie

L’Etat s’apprête à faire sa mue écologique (www.la-croix.com)
Dans le projet de loi Grenelle, dont la discussion parlementaire devrait démarrer mardi 7 octobre, l’État s’impose un devoir d’exemplarité. Histoire d’une reconversion qui a eu du mal à démarrer.

L’examen parlementaire du projet de loi mettant en œuvre les préconisations du Grenelle de l’environnement démarre en principe mardi 7 octobre. Au cœur du texte, la notion d’«État exemplaire». Que l’État devienne éco-responsable en matière d’achat et de management, et c’est la France entière qui se convertira à l’écologie. […]
Premier engagement vertueux, la stratégie nationale du développement durable (SNDD) assigne dès 2003 neuf objectifs chiffrés à l’État pour qu’il devienne exemplaire en… 2008. Dès 2004, 20 % de sa flotte de véhicules doit être renouvelée en véhicules « propres », dont 5 % de voitures électriques. Et dès 2008, il est prévu que la moitié de ses bâtiments soient construits en haute qualité environnementale, que 60 % de son papier soit recyclé et que ses consommations d’eau aient été réduites de 20 %, celles d’énergie de 10 %, etc.
La France ne fait pas partie des pays vertueux
À nouveau en 2006, le plan national d’action pour des achats publics durables liste douze objectifs à réaliser en trois ans et prévoit de faire de la France, d’ici à 2009, « l’un des pays de l’Union européenne les plus engagés dans la mise en œuvre du développement durable». Mais fin 2005, l’étude comparative sur les marchés publics réalisée par la Commission européenne ne retient pas la France parmi les sept pays vertueux ayant intégré des critères environnementaux dans leurs appels d’offres…
Que s’est-il passé ? Raphaël Guastavi, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), réclame un peu d’indulgence : « Tout était à faire ! » L’Ademe, chargée d’accompagner la mue de l’État, a développé des guides et outils à destination des administrations – comment faire un bilan carbone ou un audit énergétique – et créé une [série] de formations sur les achats éco-responsables, la collecte sélective des déchets, le management environnemental…
L’agence, en tant qu’établissement public, s’est elle-même lancée dans une politique de reconquête environnementale. [Malgré] les progrès accomplis – notamment une baisse de 22 % de ses consommations d’eau entre 2003 et 2005 –, ses 27 % de papier recyclés en 2005, sa consommation énergétique de 156 kWh au m² et ses 10 % de véhicules « propres » ne lui permettent guère de jouer le rôle de vitrine écologique de la France, comme on aurait pu l’imaginer au vu de ses missions.
De son côté, le cadre réglementaire a avancé à tout petits pas. En 2004, le nouveau code des marchés publics a autorisé la prise en compte de critères environnementaux. À nouveau réformé en 2006, il s’est alors explicitement référé au développement durable.

"D'une grande frilosité à une vraie effervescence"
« Il a fallu briser les tabous et préjugés, notamment sur les surcoûts », explique Joris Frère, responsable à l’association des éco-maires du site Internet « achats responsables » dédié à la commande publique. Aujourd’hui, cela a changé. « On est passé d’une grande frilosité il y a quelques années à une vraie effervescence », estime ainsi Antoine Bonsch, responsable à l’Ademe du réseau aquitain d’acheteurs publics.
« Le mouvement est parti », juge également Serge Hombert à l’Ugap, la centrale d’achats publics ayant intégré dans son offre des produits tels que du mobilier ou des consommables informatiques au label NF environnement ou utilisant du bois venant de forêts écocertifiées. Ainsi l’agence centrale des achats pilotée par Jean-Baptiste Hy à Bercy a reçu au printemps le trophée des achats pour sa politique d’optimisation des solutions d’impression. « Nous avons au ministère de l’économie un suivi fin des consommations des fluides, eau et énergie, pour nos 5 000 bâtiments. Cet outil pionnier servira de modèle pour les autres ministères », précise Jean-Baptiste Hy.
« Après les actions en ordre dispersé, l’heure est à la systématisation », confirme Michel-Régis Talon, chargé de l’écoresponsabilité au secrétariat général du vaste ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, le « Meeddat » piloté par Jean-Louis Borloo.
« Pour diminuer la consommation de papier, on a supprimé les imprimantes individuelles, la généralisation de l’impression recto-verso est en cours, on favorise le téléchargement et la téléprocédure des documents, détaille ce responsable. Et dans deux ans, tous les services seront équipés de systèmes de visioconférence pour limiter les déplacements. »À l’administration centrale du Meeddat, déjà un tiers des véhicules émettent moins de 110 g de CO2 par km. Jolie performance. Mais ces 61 véhicules ne pèsent guère parmi les 12.000 du ministère.
15 % de produits bio dans les cantines publiques en 2010
Le frémissement n’est pas encore perceptible dans les chiffres. En témoigne le référentiel d’éco-responsabilité réalisé en 2006 par l’Ademe à partir de 47 sites dépendant de 24 administrations. En dépit de leur consommation énergétique moyenne de 167 kWh par m² et par an, 78 % des sites n’ont pas réalisé de diagnostic sur l’éclairage et le chauffage, 80 % ne réduisent pas le chauffage le soir et le week-end, et seuls la moitié se sont équipés en ampoules basse-consommation.
Après ces années de balbutiements, l’État a décidé d’accélérer. Faisant suite au décret imposant 15 % de produits bio dans les cantines publiques en 2010, voire dès 2009, une série de textes sont attendus. Pour les voitures tout d’abord : un décret à paraître sous peu imposera à compter de début 2009 un plafond de 130 g de CO2 par km. Une nouvelle agence des achats de l’État est en cours de création pour faire des économies d’échelle et imposer des critères de développement durable dans les appels d’offres. Une circulaire sur l’exemplarité de l’État déclinera 20 fiches actions par famille de produits (mobilier, vêtements, espaces verts, voitures, déchet…). L’État s’apprête même à faire le ménage dans ses caves. Et ce ne sera pas une mince affaire. Il y a, au fil du temps, accumulé anciens ordinateurs et équipements de bureautique obsolètes. Des entreprises d’insertion vont être massivement mobilisées pour dépolluer et recycler ces montagnes de vieux matériels. Ce marché des déchets d’équipement électrique et électronique devrait être opérationnel au printemps 2009.
Marie VERDIER

mercredi 29 avril 2009

Et un texte pour introduire notre nouveau thème: l'écologie

BedZED : le premier éco-village est né

En Angleterre, des promoteurs engagés dans le développement durable ont pour la première fois créé un village écologique pilote, sans recours aux énergies fossiles et sans rejet de CO2. Une expérience passionnante qui, de la Suisse à l'Afrique du Sud, s'exporte déjà. En France, sous l'impulsion du WWF, des programmes d'HLM devraient suivre ce modèle. A l'heure où, en France, on alerte de plus en plus les collectivités sur le changement climatique, une expérience pilote menée en Grande-Bretagne apporte la preuve que mettre en pratique le développement durable à l'échelle d'une ville est possible. En 2000, un village écologique, comprenant 82 logements et 2 300 m2 de bureaux et commerces, a vu le jour dans la banlieue Sud de Londres, à Sutton. Surnommé Bedzed (pour Beddington Zero Energy Development), cet éco-village, unique en son genre, veut démontrer que " l'habitat peut être pensé et construit sans dégrader l'environnement. " Pour atteindre cet objectif, les concepteurs de Bedzed semble avoir réalisé une gigantesque analyse de cycle de vie (ACV), qui consiste à évaluer l'impact environnemental de la vie d'un produit, depuis sa réalisation jusqu'à sa mise au rebut... ou recyclage. Mais si habituellement, on établit le bilan d'un pneu ou d'une télévision, dans le cas de BedZED, c'est toute la vie d'un village (construction des logements, besoins en ressources énergétiques, déplacements, activités professionnelles, vie sociale, gestion des déchets...) dont l'impact environnemental, économique et social a été pensé et évalué. Pour aboutir à l'éco-conception de ce lieu de vie d'un nouveau genre. Empreinte écologique réduite de moitié !
Le premier principe durable appliqué à BedZED est celui de la boucle locale : avoir recours au maximum aux ressources locales, à la réutilisation et au recyclage (transports limités, développement économique local renforcé et identité culturelle préservée). Ici, 90 % des matériaux proviennent de moins de 50 km à la ronde (bois certifiés) et sont souvent recyclés (anciens rails de chemin de fer...). Le design des logements est pensé en termes d'efficience énergétique et de qualité de vie : isolation renforcée, ensoleillement maximum, terrasses et jardinet, système de ventilation avec récupération de la chaleur... Le recours aux énergies renouvelables et l'optimisation des ressources naturelles fait du projet BedZED un formidable exemple grandeur réelle de ce que peut être l'usage raisonné en matière de ressources : récupération des eaux de pluie pour les toilettes, énergie électrique et thermique fournie par la biomasse (bois de récupération), la chaleur récupérée et les panneaux photovoltaïques situés sur les façades. Cette électricité produite permet même de recharger à 100 % des véhicules électriques mis à la disposition en partage aux habitants.
Les déplacements sont réduits, puisque des espaces de travail sont proposés, que des commerces de proximité ont été créés, et qu'un système de livraison de produits frais provenant de la région existe.
Au final, cette rationalisation permet à BedZED de réduire de 50 % son empreinte écologique. Pour donner un ordre de grandeur, comparativement à des habitations classiques, le chauffage est réduit de 90 %, la consommation totale énergétique de 70 %, et le volume des déchets de 75 %.




Habitat durable " facile, abordable et attractif "
BedZED a été conçu par la Fondation Peabody, la plus importante organisation caritative de Londres consacrée à l'habitat, en collaboration avec le Groupe de développement BioRegional, groupe environnementaliste très actif et l'architecte Bill Dunster, réputé pour son intérêt dans les maisons solaires. Un trio aux desseins à la fois simples et ambitieux, comme l'expliquent Jean-Paul Jeanrenaud, du WWF international, association ayant soutenu le projet dès le départ, et Pooran Desai, directeur de BioRegional : " (...) Faire du concept de durabilité quelque chose de facile, d'attractif et de moins cher. L'objectif global était de permettre aux gens de vivre d'une manière durable dans une empreinte écologique de deux hectares, soit l'espace environnemental moyen disponible par personne dans le monde. Et ce, sans pour autant sacrifier le confort et les avantages liés à un style de vie moderne et mobile. " Un pari gagné semble t-il, car BedZED n'est pas réservé à une élite " bobo " ou à des militants extrémistes. Plus de la moitié des logements ont été réservés par la Fondation Peabody pour des familles à faibles revenus, et les habitations ont été vendues à un prix égalant ceux du marché traditionnel, le surcoût de certaines installations étant comblées par les revenus fournis par les activités de commerces et de bureaux développés dans BedZED. Le confort moderne n'est pas sacrifié, baignoire et non douche dans les salles de bain, four et cuisinières électriques, machine à laver individuelle... Le village est par ailleurs doté de lieux de vie communautaires : centre de santé, club sportif, terrain de jeux, garderie, cafés, restaurants...Les nouveaux villages WWF
BedZED a été primé en juillet 2000 par l'Institut Royal des Bâtisseurs et des Architectes (IRCA) et va servir d'inspiration au programme de logement prévu par le gouvernement anglais (1 million de logements sur 10 ans !). L'Afrique du Sud, la Chine ou encore le Portugal nouent des partenariats pour des programmes de construction. " L'ensemble des régions anglaises s'est engagé dans un calcul de leur empreinte écologique et la construction de scénario macro, et un réseau mondial est en train de se constituer pour mettre en place des sites pionniers vivant selon les principes de durabilité démontrés à BedZED", se félicite Thanh Nguiem, membre bénévole de la direction générale du WWF, à l'origine d'une structure franco-britannique pour importer l'approche de BedZED dans l'Hexagone. En France, le WWF, très enthousiaste, se réjouit déjà de programmes de réhabilitation et de construction d'HLM selon les critères durables de BedZED, en partenariat avec des entreprises (Caisse d'épargne, Nature & Découvertes...) et de grandes villes intéressées (Nantes, Lyon, Lille....).

Sylvie Touboul www.novethic.fr